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lundi 4 novembre 2019

Abandon...

Le fantasme de l'enfermement est récurent chez moi, depuis longtemps, je ne sais pas pourquoi.

Je mets ça, peut être, sur le compte du placard à chaussures familial, sous l'escalier, ou mon fétichisme des talons a du naître en même temps que mon goût pour les espaces confinés. Remercions au passage l'inventeur de la commode à chaussures verticale, qui nous a épargné des générations entières de fétichistes agoraphobes (si tant est qu'agoraphobe soit l'exact contraire de claustrophobe, ce dont je ne suis pas bien sur), triste engeance s'il en est...

Plouf plouf...

Quand je me suis retrouvé dans un appartement un poil trop grand pour moi, ou J. venait me voir régulièrement, j'ai cherché le moyen d'assouvir ce fantasme avec elle, celui là comme les autres, en passant de l'autre coté, en devenant enfermeur, et plus enfermé.

Je n'avais ni cave ni placard dans cet appartement, juste de l'espace pour bricoler. Alors bon, ne faisant ni une ni deux, ni trois ni quatre non plus d'ailleurs, je me suis lancé  dans la fabrication d'une cage, pour y enfermer mon oiselle adorée, allégorie à peine cachée de la relation amoureuse mâtinée de BDSM.

Je suis plutôt bon bricoleur, certes, mais de cage, je n'en avais jamais fait. Et comme il m'était un peu difficile de souder dans un appartement, j'optais finalement pour du bois...du bois mais avec du métal quand même, parce que des barreaux, pour le bruit, pour l'aspect, pour le toucher, et tout ça c'est tellement important dans le BDSM, ça doit forcément être en fer scrogneugneu !

L'idée était aussi de la faire démontable et rangeable facilement, parce que dans un donjon, je ne dis pas, mais dans un salon, ce n'est pas très tendance, une cage...

Tout ceci, conception et réalisation, me prit donc un peu de temps, et généra pas mal de bordel dans l'appartement, il faut bien le dire...j'envoyais régulièrement des photos de la construction à J, pour lui faire un peu peur bien sur, et pour lui montrer tout ce qu'elle m'inspirait de perversité.

C'était bien la première fois que scier du bois me faisait bander. Je crois bien que j'étais heureux.


La construction me prit quelques semaines, mais j'étais assez content du résultat, très fier et impatient de lui montrer enfin.

Je crois que ça l'impressionnait, mais que ça la laissait perplexe. Un peu comme un sale gosse, j'avais le sentiment que c'était surtout un jouet pour moi. Mais je voulais bien jouer avec elle, j'avais hâte même...ou plutôt c'est elle qui était prête à jouer avec moi, à entrer dans mes délires.

Après l'avoir essayé rapidement à son arrivée, comme pour être bien sur qu'elle remplissait son rôle de cage, et puis être passés à autre chose, je décidais d' enfermer J pour la nuit, aux pieds de mon lit. On peut bien sur trouver ça parfaitement ridicule, ou malsain, ou juste dommage; je la voyais somme toute assez peu et là, je préférais la mettre en cage plutôt que de dormir avec elle, contre elle. Oui, mais les expériences sont faites pour être...euh...expérimentées, et j'avais hâte de connaître et de découvrir les sensations que cela procurait de mettre son amour en cage, au sens littéral du terme.

Je l'avais laissée libre de ses mouvements tout de même, même si c'est toujours un peu compliqué de rester raisonnable quand on a enfin la possibilité de vivre pleinement ses fantasmes. Mais une fois les deux gros cadenas fermés, même libre de ses mouvements à l'intérieur, même emmitouflée sous sa couette, elle était entièrement à ma merci, totalement dépendante...

J'étais heureux mais partagé : à la fois frustré de la savoir si prés de moi sans pouvoir la sentir contre moi, j'éprouvais en même temps une enivrante sensation de pouvoir absolu, celui de détenir le sort d'un être humain entre mes mains, ni plus ni moins. Je n'en étais pas encore au stade de me prendre pour un quelconque dictateur ou d'avoir envie de passer le concours de gardien de prison, non...Mais Dieu merci, et c'est terrible ce que je vais écrire, je n'en étais pas encore tout à fait non plus au point de comprendre Marc Dutroux. Je détenais sa liberté entre mes mains, oui, mais évidemment pas sa vie. Ne jamais, jamais oublier que J était là de son plein gré, et qu'au moindre mouvement de panique de sa part, ou à sa moindre demande (argumentée certes), je l'aurai libérée sur le champ, et peut être même en m'excusant.

Mais je touchais du doigt ce pouvoir absolu oui, et c'était grisant, et c'était fascinant, et c'était flippant bien sur, tellement flippant. Quel sorte de monstre étais-je en train de devenir, c'est la question qui finalement m'empêcha longuement de m'endormir, et surtout de dormir sereinement. Je devais rester vigilant en cas de problème quelconque de toute façon, le contraire eut été irresponsable, et je ne dormais que d'un œil, attentif aux moindres mouvements de mon aimée. Elle ne dormit pas beaucoup non plus, et je finis par la libérer au milieu de la nuit, c'était bien assez pour une première, j'étais tellement fier d'elle.

Pour autant, je n'avais pas fait tout ça pour m'arrêter en si bon chemin et remiser la cage à la cave avec le sentiment du fantasme accompli. D'autant, je le répète pour ceux qui n'ont pas suivi, soyez donc attentifs, que je n'avais pas de cave pour la ranger...

Une fois le petit déjeuner pris, je remettais donc J dans sa cage, tout en vaquant à mes occupations et elle aux siennes, la correction de ses copies en l'occurrence, comme si tout cela était parfaitement normal, notre mode de fonctionnement au quotidien. Nous discutions de tout et de rien comme un couple ordinaire, malgré l'incongruité de la situation, et je ne crois pas la trahir en disant qu'elle se sentait bien malgré les barreaux qui nous séparaient. Je crois vraiment avoir approché, ce jour là, la quintessence de la relation D/s.

Je la libérai de nouveau pour une partie de la journée, j'avais tout de même besoin de pouvoir la prendre, et pas que dans mes bras.


Et puis ma perversité a repris le dessus, et je décidais de franchir une nouvelle étape, et d'ajouter la contrainte à l'enfermement.

La préparation et le harnachement, comme les préliminaires, c'est toujours un moment intense, le plus sensuel qui soit. Je ne voulais lui laisser aucun confort...chevilles attachées...mains liées dans le dos...lourd collier cadenassé...cagoule et bâillon...pinces aux seins et rosebud, terminé par une queue en fausse fourrure.... Elle n'était plus du tout oiselle romantique, elle était devenue chienne, chienne soumise et offerte aux regards, sage et immobile, suppliciée et dépendante, plus que jamais dépendante.

Elle resta ainsi de longues minutes, je la surveillais sans parler, sans faire de bruit, je voulais qu'elle parvienne à faire le vide dans sa tête, à se sentir la plus vulnérable possible, et dieu qu'elle l'était. Je crois lui avoir dit une fois ou deux, fermement, de ne pas bouger quand j'apercevais un soubresaut de sa part. Il fallait quand même qu'elle sente et qu'elle sache que je n'étais pas parti faire des courses, que j'étais tout près...la rassurer dans sa peur, la réconforter dans sa détresse, mais la maintenir dans sa souffrance et son abandon.

Je crois, modestement, avoir réussi à l'emmener là ou je voulais aller.

L'abandon, dans tous les sens du terme, c'était donc ça, et c'était unique...Là oui, c'est certain, j'étais éminemment heureux, et tant pis si le moyen d'y arriver était artificiel ou alambiqué, à tout le moins.

Et  puis tiens, c'est mon jour de bonté, j'emmerde cordialement tous ceux qui pensent que c'est là une façon bien pathétique et malsaine d'aimer quelqu'un...

Il n'y a que des bonnes façons de faire, quand cela rend heureux tout le monde.



Épilogue: J'ai déménagé depuis, j'ai démonté la cage entièrement, barreau par barreau, elle est remisée à la cave, j'en ai une cette fois, et sans doute pour toujours.

Les mauvais jours, et il y en a encore parfois, je me sens un peu comme elle, abandonné et en mille morceaux...

mercredi 16 octobre 2019

Pur sadique, vrai sadique...

Le masochisme, je connaissais, un peu. Plus de 30 ans de bdsm derrière moi, je crois pouvoir dire que je suis passé par à peu près tous les stades. Je sais ce que c'est que d'avoir mal, de bander sous la douleur et d'en tirer un plaisir intellectuel inouï, qui supplante en intensité n'importe quel orgasme.

Je pense même que dans l'absolu je pourrais encaisser encore pas mal, si je ne me savais pas intellectuellement incapable de me soumettre de nouveau...enfin je ne sais pas, la seule certitude que j'ai c'est d'être dans le doute, comme disait Desproges. Mais pour l'instant j'ai jeté mon masochisme dans le fossé de mon cheminement chaotique dans le bdsm, et c'est très bien comme ça.
Peut être parceque j'ai beaucoup d'empathie pour mon prochain, enfin globalement disons parce que faut pas exagérer non plus (non, pas de noms!), mais le sadisme n'a jamais été une évidence pour moi, même depuis que j'ai changé de camp, il y a une dizaine d'années. Car ce n'est quand même pas très catholique de torturer la personne qu'on aime bon sang ! Maiiiiiis...mais mais mais mais, je ne suis pas très catholique du tout, et ça tombe donc très bien.
Au début, c'était quasiment une forme de culpabilité, "je m'excuse de te faire mal" en quelque sorte, je crois même avoir prononcé cette phrase devant quelques unes de mes premières consentantes victimes. Bien sûr, j'aimais bien "torturer" gentiment mes soumises précédentes, prendre du plaisir à les voir... prendre du plaisir, disons. Mais c'était presque un passage obligé finalement, un exercice de style, plus qu'une envie ou un besoin profond. Et le bdsm juste pour faire plaisir à l'autre, c'est un peu une impasse quand même...
Et puis J est arrivée...
Déjà, je m'étais surpris à adorer la ceinturer et la marquer avec force. Elle aimait garder et contempler pendant quelques jours, sur sa peau, les traces rougeoyantes de mon fougueux passage, et j'avais très vite appris à ne pas retenir mes coups avec elle, sans doute pour qu'elle ne soit pas déçue de repartir la peau trop blanche. Sans doute parce que j'aimais ça.
Une séance particulièrement m'avait troublée plus encore, et m'avait fait prendre conscience que j'étais probablement devenu un vrai sadique, je serais presque tenté d'ajouter "enfin".
Les bras suspendus à une poutre, j'avais eu, comme souvent, envie de m'occuper de ses seins. Je savais qu'elle était sensible à ça, sensible dans le mauvais sens du terme, elle n'aimait pas spécialement ça disons. Pourtant, et sauf utilisation du safe word, indispensable garde fou, je n'avais pas l'intention de m'arrêter. Je la sentais, je la voyais souffrir mais vibrer, nous vivions un de ces moments hors du temps, et c'eut été absurde de l'interrompre par scrupules ou par sensiblerie. L'idée était aussi de nous découvrir et de nous apprivoiser l'un l'autre, en essayant de savoir jusqu'ou nous pouvions aller, et là, nous y étions.




J'avais donc commencé à pincer ses tétons, doucement, puis de plus en plus fort, jusqu'à les tordre assez sévèrement je l'avoue. J'y prenais un plaisir incroyable, sans doute décuplé par l'idée qu'elle souffrait par moi et pour moi, par son expressivité, et peut-être même par la pensée éminemment perverse et cruelle qu'elle n'aimait pas ça. Mais elle tenait. Elle gémissait et grimacait, et plus je l'entendais, plus je la regardais, plus j'avais envie de tordre plus fort, ce dont je ne me privais pas. Et ça aussi, en soi, c'était nouveau.
De safe word il n'y en eut point besoin. Ses premières larmes en firent office, me remplissant pourtant d'un bonheur soudain et inédit. Me faisant stopper net donc, car c'était la première fois que je la faisais pleurer, et il était urgent d'analyser et de débriefer tout ça. Elle avait tout donné, M'avait tout donné, elle était allée au bout d'elle même, pour moi, pour mon plaisir, mon plaisir sadique. Ce fut pour moi comme un aboutissement que de l'avoir fait pleurer de douleur. Je l'ai détachée et prise dans mes bras pour la consoler et la remercier du merveilleux cadeau qu'elle venait de me faire. Ce fut sans conteste l'un de nos plus beaux moments, de ceux qui font qu'on ne peut jamais se résigner à renoncer au bdsm...
J'ai eu, à ce moment précis, pendant cet instant de plénitude et de partage, la sensation d'être devenu un vrai sadique, et surtout, surtout, de n'en éprouver  aucune honte, aucune culpabilité, et même d'en être fier, malgré ses larmes.
J'en étais...
Par la suite, le masochisme de J, son don de soi, son abandon, son envie permanente de me satisfaire, me confortèrent sans peine dans ma nouvelle vie de sadique-et-fier-de-l'être. L'épisode du parc, dépeint dans mon avant dernier article, en fut un autre moment intense, un commentaire sur cet article me l'ayant même signalé : Oui, je suis, j'étais sadique, et j'aimais ça.

Pour autant, le sadisme n'est pas dans ma nature profonde. Je ne prends absolument aucun plaisir à voir souffrir des gens en dehors du contexte bdsm, c'est pour ça notamment que je déteste les émissions à la con comme Koh Lantah et que je ne m'inflige pas Hanouna...et puis j'ai toujours  quelques scrupules à écraser une araignée, c'est vous dire.
Mon sadisme finalement n'existe que parce que le masochisme de l'autre existe, et qu'il a besoin de quelqu'un pour l'entretenir. Je me plais à penser également que mon sadisme n'est pas adapté à toutes les masochistes; j'ai pris plaisir à lui faire mal, parce que je l'aimais profondément. Serais-je capable d'en faire autant  à une parfaite inconnue, même consentante, même demandeuse, même suppliante ? Probablement pas, j'aurai trop peur, paradoxe absurde, de lui faire mal...on domine bien quand on connaît bien, et il en va de même pour le sadisme je pense.

En ce sens, et si je suis devenu un vrai sadique grâce à J, je ne crois pas être un pur sadique dans l'absolu, ce qui est quand même, finalement, plutôt rassurant...
J'étais simplement, et uniquement, le maître et le sadique, de ma soumise masochiste...
La nature est bien faite...

mercredi 9 octobre 2019

Ma princesse aux pieds nus...

C'était un dimanche matin…

Il faisait à peu près beau, et avec ce qu'il était tombé sur Paris ces dernières semaines c'était un peu inespéré.

Je décidais d'aller marcher avec J, histoire simplement de se balader, et puis de sortir enfin prendre un peu l'air au milieu de notre week-end plutôt...torride.

Nous n'étions pas un couple normal, et il me semblait donc évident que J ne sortirait pas...normalement. Une balade romantique en jogging et basket ne me semblait pas être appropriée, ni pour elle ni pour moi, et je savais qu'elle aurait été déçue si je la lui avais proposée, dans un moment d'égarement.

Il y avait deux aspects dans l'exhibition telle que j'essayais de la pratiquer avec J, enfin si tant est qu'on puisse parler d'exhibition.

Il y avait l'aspect physique, les contraintes, que je voulais systématiques. Elles étaient difficiles pour J, mais elle mettait toujours un point d'honneur à les accepter, et surtout, à mon grand plaisir et ma grande fierté, à les supporter. C'était intellectuellement très intense pour moi de savoir tout ce qu'elle endurait par soumission, par amour, oserai-je, et j'appréciai à sa juste valeur ce cadeau incroyable qu'elle me faisait à chaque fois.

Et puis il y avait évidemment l'aspect sexuel...

Il y a un côté "coq" dans l'exhibition évidemment, je n'en suis pas fier mais comment le nier ? Je n'aimais rien de plus au monde je crois, que voir les hommes et même les femmes que nous croisions, regarder J quand elle marchait à mes cotés.

C'était une sacré fierté, un puissant stimulant pour l'ego que de se dire "Oui messieurs dames, cette magnifique jeune fille dont le cou est enserré dans un large collier de cuir cadenassé, ce lourd collier qui la rend particulièrement animale, et bien cette jeune femme m'appartient et cède à toutes mes envies sans rechigner, et souvent même avec plaisir et fierté".

Oui...bon...je sais, c'est un peu ridicule et pompeux de se dire tout ça, et je ne me le disais pas Dieu merci...mais c'était l'idée.

Le collier, c'était la partie visible de l'iceberg. Si je décidais de lui mettre des pinces sur le sexe ou sur les seins pour aller marcher dans la rue, je faisais bien évidemment en sorte qu'elles ne soient pas visibles. Mais, et c'était là toute la perversité et la cérébralité de l'exercice, j'essayais également de faire en sorte que J ne se sente pas non plus complètement...disons...tranquille.

Cette fois ci par exemple, les pinces que je lui avais mises sur les seins étaient donc recouvertes d'un haut semi transparent, et on pouvait ainsi apercevoir sa poitrine nue et le métal des pinces à travers le fin tissu. Puis je lui fis recouvrir le tout d'une large écharpe, pour cacher ou montrer à l'envie ou au besoin, au gré des événements ou des rencontres.



En plus des pinces sur ses seins, et naturellement de son collier, J portait son rosebud, sur l'anneau duquel j'avais accroché plusieurs petits morceaux de chaînes, qui pendaient et tintaient délicieusement à chacun de ses pas. Je ne sais pas quel degré d'humiliation ou d'excitation J ressentait à ce moment la, ni même si elle se sentait humiliée ou excitée après tout, mais pour ma part j'adorais particulièrement le concept, le bruit délicieux de sa soumission, en quelques sorte ; ça l'amusa, un petit côté jingle bells peut être, qui la ramenait sans doute à Noël.

J'avais enfin choisi pour elle une jupe droite à mi cuisses, légèrement fendue dans le dos, qu'il me suffisait de remonter un peu si je le souhaitais, et si j'estimais que c'était possible, pour apercevoir les objets du délit(ce)..


Nos premiers pas dans la rue furent joyeux et ludiques...Qui d'autre qu'elle ou moi pouvait se douter d'où venait ce petit bruit ? C'était aussi ça l'exhibition, des moments de complicité partagés, avec pour témoins des inconnus qu'au mieux nous intriguions, au pire nous laissions indifférents, ou le contraire. Encore une fois il n'était pas question de tout montrer délibérément, de choquer le bourgeois par pur nihilisme sexuel ou que sais-je encore. Non, c'était juste l'idée que ces gens POURRAIENT voir, ou POURRAIENT savoir ou POURRAIENT se douter qui restait le moteur de tout ça...en tout cas le mien, et je ne crois pas me tromper en disant que cela ne la laissait pas non plus indifférente.

En passant devant une terrasse de café d'habitués du dimanche matin et du Paris-turf, les regards se portèrent avec insistance sur J, et ni elle ni moi ne savions si c'était pour son collier, c'est probable tant il ne passait pas inaperçu, pour le tintement des chaînes de son rosebud, à peine audibles, ou plus vraisemblablement pour son sex-appeal ; je trouvais, et je n'étais visiblement pas le seul, qu'il n'était jamais aussi prégnant que dans ces moments là...et je savais qu'il me serait bien difficile d'y résister.

Ce matin là, j'avais pris tellement de plaisir à préparer J pour sortir marcher ainsi avec elle, que je n'avais plus qu'une envie une fois les grilles du parc franchies, à l'abri des bruits de la rue et des fenêtres des immeubles: la posséder physiquement, là, maintenant, tout de suite…

Sur l'aspect sexuel de l'exhibition, l'objectif n'était pas, comme on pouvait le lire ou le voir ici ou là, d'aller imposer son corps, ou sa sexualité aux autres, n'importe ou et à n'importe qui. Cela aurait été absurde et inconscient. Il s'agissait simplement de braver les interdits, de prendre des risques, certes, mais calculés, en tout cas c'était de ma responsabilité de les calculer. Et de puiser du plaisir dans ce danger, dans cette peur du danger, et dans cette transgression finalement, la transgression de l'acte sexuel dans le lit conjugal le premier samedi du mois. Je ne pense pas me tromper en disant ça, mais tous autant que nous sommes dans le BDSM, c'est finalement ce que nous fuyons comme la peste, ce coït programmé du samedi soir, cette insupportable routine, ce triste robinet d'eau tiède.
Mon but n'était pas d'être vu ou regardé entrain de la baiser, et j'essayais au contraire de faire absolument tout pour ne pas l'être. C'est cet énième paradoxe qui fait aussi le sel de ce genre de moment : l'idée même de pouvoir être surpris ou vu à tout moment est un puissant aphrodisiaque. Alors qu'être vu ou surpris aurait été au contraire un moment de gêne et de honte assez désagréables. C'est le cheminement sur cette ligne de crête, en essayant de ne tomber ni d'un coté ni de l'autre, qui rend le BDSM si indispensable.

Alors c'était là, évidemment, que ça devenait sensible... Qu'il fallait avoir un œil de lynx, et rester toujours sur le qui vive...Aller reconnaître les lieux avant, vérifier d'où pouvaient arriver les gens. Pour pouvoir enfin se laisser aller à ses pulsions animales...

Pendant que je laissais J sur la balançoire, comme l'adorable petite fille qu'elle était encore, j'explorais rapidement le parc, gardant un œil sur elle, et vérifiant les lieux, les accès, les recoins, les endroits propices.
J'apercevais un homme ou deux au loin, bien moins préoccupés par nous que nous par eux...J'estimais le danger proche de zéro, il ne l'est jamais évidemment, mais sauf à les voir arriver en courant, nous avions la distance et donc le temps pour nous. D'ailleurs ils approchèrent, s'asseyaient quelques instants, puis s'en allèrent.

Il était encore tôt, les enfants n'arriveraient pas avant longtemps, et nous étions loin de l'entrée, à l'abri. Il n'y avait que nous...

Assise sur sa balançoire, je passais sa laisse à J et je l’entraînais sur un banc, derrière un bosquet.

C'est naturellement et presque sans que je n'ai besoin de lui demander, qu'elle s'agenouilla et que sa bouche vint enserrer ma queue, qu'elle avait pris soin de dégager en défaisant ma ceinture...cette ceinture en cuir qu'elle m'avait offerte à dessein, gravée à son surnom "sweetheart", et que je porte encore, religieusement.

Mais j'avais besoin d'autre chose, et J plus encore...

Je visais le socle d'une statue, et je la traînais en laisse jusqu'au pied, tout en scrutant les alentours...Cachée derrière le bloc de marbre, J recommença à me sucer, accroupie, les mains dans le dos, à sa place. J'avais à peine besoin de tirer sur sa laisse tant elle savait quoi faire, comment le faire, et tant elle semblait aimer le faire.



L'envie de la prendre enfin devint vraiment trop forte, et j'avais bien compris qu'elle n'attendait que ça, elle aussi. Je l'asseyais sur le socle de la statue, je remontais sa jupe et je commençais à la pénétrer, sans aucune difficulté…

Hélas, trois fois hélas, une joggeuse égarée passa sur le chemin en contre bas. Elle arrivait dans mon dos, c'est J qui la vit...Je pensais le chemin fermé du fait des inondations récentes, le portail barricadé du parc donnant sur ce chemin m'ayant lâchement induit en erreur. Erreur coupable, je m'en voulais, et c'était bien la preuve justement, que le risque zéro n'existe pas. Cette satanée sportive du dimanche matin n'avait heureusement rien vu, nous étions plus haut et des branches nous dissimulaient partiellement. Mais cela coupa un peu nos envies, et le consensus se fit pour rentrer au plus vite pour finir, tranquillement cette fois, ce que nous avions commencé…

Alors nous redevînmes sages... Enfin presque…

Les pinces aux seins commençaient à lui peser, de cette douleur que J n'arrivait plus à surpasser, mais comment lui en vouloir, cela devait faire pas loin d'une heure qu'elle les portait peut être...

Je les lui retirais, moment toujours délicat, ou elle me détestait profondément...

Au point ou j'en étais, enfin surtout elle, je décidais néanmoins de lui poser sur les petites lèvres, avec l'espoir qu'elle tienne jusqu'au à la maison, 15 bonnes minutes de marche pour rentrer. Et pour une fois, je ne culpabilisais même pas..



Évidemment je lui demandais de me prévenir dés que cela n'était plus tenable, battre des records ne m'intéressait pas et elle avait déjà été tellement exemplaire. Nous aurions bien trouvé une porte cochère pour les retirer...ou pas. 
Mais mademoiselle avait de le ressource, du caractère, et de l'amour propre…

Et puis ce furent finalement... ses chaussures, achetées la veille, qui eurent raison de son masochisme !

Une ampoule aux pieds n'a donc rien d'aphrodisiaque, qu'on se le dise !

J termina donc le trajet pieds nus, mais garda les pinces jusqu'au bout.

Et je ne sais pas si j'ai été plus éperdument amoureux d'elle qu'au moment précis ou nous avons franchi la porte de l'appartement…

Epilogue

J'ai hésité à publier cet article, il est peut être un peu cru et en choquera peut être plus d'un(e). Les photos sont celles que j'ai pris ce jour là, et j'avais juste envie qu'elles illustrent cet article et ce moment magique...

Dieu que j'ai aimé cette vie et cette femme...

vendredi 14 juin 2019

Si tu savais comme je t'attendais...



Si tu savais comme je t'attends
À la nuit pâle au petit jour
Je pense à toi tout le temps

Quoi de mieux que des paroles de Jeanne Cherhal pour saluer le retour...de Jeanne Cherhal !

Ma chanteuse préférée (#litote) revient donc après 5 longues années d'absence, enfin disons 5 ans après la sortie de son dernier album, parce que la tournée qui s'en était suivie avait permis que l'on profite d'elle un peu plus longtemps, seule au piano sur scène notamment, quelle émotion...

Jeanne, j'en ai déjà parlé x fois ici ou sur d'autres versions des Jupes des filles, c'est ce qui se fait de mieux en chanson française, haut la main, n'en déplaise aux fans de...euh...Aya Nakamura...

Non je déconne, on parle de chanteuse de toute façon.

Son nouvel album, "L'an 40", vient d'être annoncé sur twitter et Instagram (c'est un des très bon coté des réseaux sociaux) par elle même pour le 20 septembre, et c'est peu dire que l'été va être long...surtout pour moi qui vais bientôt passer l'an 50...

La première chanson est écoutable quelque part sur internet mais je suis nul et j'ai même pas réussi à faire marcher le truc...j'aurai donc la surprise de l'album en entier, ce que je préfère finalement...écouter tout religieusement, plusieurs fois...

L'an 40, "Ce beau point d’équilibre entre ce qu’on a déjà accompli et tous les possibles encore à venir" nous dit Jeanne pour expliquer ce titre..

L'an 50, "Ce point de déséquilibre entre ce qu'on a raté et l'inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise" nous dit l'auteur de ce blog qui a trop lu Desproges (et qui ne veut pas vieillir!)

Plouf plouf...

Je ne sais pas pourquoi cette femme me touche autant...Il y a les textes bien sur, il y a toujours du fond dans ses chansons, et c'est peu dire que c'est important pour moi, les chansons à texte, depuis mon adolescence "Renaudienne". Des chansons dans lesquels je me suis reconnu bien des fois, entre Voilà, Un couple normal ou encore Cinq ou six années, écoutez bien les paroles vous comprendrez... 

Mais pour l'avoir déjà vu 3 fois en concert (et bientôt 4, elle sera aux Folies Bergères le 3 décembre et j'ai pris ma place derechef !), il y a évidemment mille autres choses...De la grâce, de la douceur, de la force, un talent fou bien sur, une énergie (quelle danseuse !), un engagement féministe sans faille, et de l'humour aussi, sur scène c'est vraiment quelque chose...Jeanne c'est tout ça à la fois, et elle me fait un bien fou...

Et qu'une femme me fasse un bien fou en ce moment, c'est un luxe dont je ne peux me passer, hu hu !

Comme je suis malgré tout un rien optimiste, j'ai pris deux places pour le concert du 3 décembre, et j'offrirai donc l'autre place bien volontiers à une...euh...personne...euh... volontaire pour m'accompagner...

Si c'est une femme, et qu'elle aime Jeanne Cherhal, c'est évidemment un (gros) plus...

Si elle est de gauche et a de l'humour, on pourra même discuter un peu avant et après...

Et si elle vient en bas couture je la demande en mariage à genoux sur scène...

(Ceci n'est pas une petite annonce...quoi que)

Et si, chère Jeanne, par je ne sais quel miracle vous tombez sur ce post et cette dernière phrase un peu navrante pour la féministe que vous êtes, je vous présente mes plus plates excuses mais je crois que je suis incorrigible et inguérissable...

Mais de vous également cela dit...


PS : et en plus vous avez laissé repousser vos cheveux ! Je vous aimais (un tout petit petit petit peu) moins avec vos cheveux courts....

C'est sur cette considération capillaire somme toute assez futile et vaguement machiste que je termine ce néanmoins vibrant et sincère hommage...

vendredi 24 mai 2019

Just a perfect day...

Le vent de la mer du Nord, à moins qu'à cet endroit ce soit encore la Manche, mettait ses cheveux en bataille. Je m'amusais de son vain combat contre les éléments pour tenter de redonner un tant soit peu de dignité à sa coiffure, comme si elle avait encore peur de me déplaire, quelle drôle d'idée. Mes cheveux n'allaient pas forcément mieux mais moi je m'en foutais. Sans doute qu'à cet instant précis j'avais cette chanson de la Grande Sophie en tête:

Puisqu'il n'y a que nous, puisqu'il n'y a que nous au monde
Puisqu'il n'y a que nous, puisqu'il a que nous, rien que toi et moi...

Tout était hors du temps, et même le délicieux petit  cinéma ou je l'emmenais, "Le Pax", était des années 50. 
C'était un peu comme si tout ce qui me plaisait dans la vie s'était retrouvé le même jour au même endroit, pour faire de cette journée une journée parfaite, de celles qui passent bien trop vite et qu'on ne vit qu'une seule fois, du moins tant qu'on a pas rencontré celle qui...

Celle qui...justement, était avec moi, à moi, l'espace de quelques jours, ses vacances, nos vacances...

Son trench rouge, celui que j'avais hésité à lui offrir de peur qu'il ne lui déplaise, elle ne le quittait plus, et il lui allait tellement bien, à fortiori par dessus sa robe en dentelle noire. Le premier qui me chante du Jeanne Mas à cet instant précis prend mon poing dans la gueule...

Non, la bande originale de ce joli film, que je me repasse inlassablement en tête pour ne cesser de me dire que c'est encore possible, c'est Lou Reed bien sur...Relisez cet article avec la musique je vous prie...


Son collier ne cessait de me fasciner, et plus encore la facilité, du moins apparente, avec laquelle elle le portait au vu et au su des passants. Beaucoup se retournaient sur elle, intrigués par ce large collier de cuir noir et son gros anneau métallique porté ostensiblement. Et encore, ils ne voyaient pas le cadenas sous ses cheveux longs...

D'aucuns auraient pu juger ce collier comme une ignoble faute de goût pourtant, un collier vaguement gothique sur une jolie blonde si bien habillée. Moi je trouvais au contraire qu'on atteignait là une sorte de perfection esthétique, et intellectuellement j'étais évidemment comblé, mais étais-je bien objectif ? 

Oui.

Il me plaît à penser qu'elle assumait parfaitement et portait fièrement ce collier, pour moi, mais aussi pour montrer aux autres, à la terre entière, délicieuse petite bravache, que nous n'étions pas seulement amoureux. Et ça, ça m'impressionnait, autant que ça m'émouvait...

La jauge de mon ego était dans le rouge, je savais qu'environ 98,43% des hommes que nous croisions avaient envie d'être à ma place, mais j'aurais pu terrasser à mains nues n'importe quel petit Don Juan de pacotille pour la garder, ma place...

Nous sommes allés voir un dessin animé, je ne sais même plus lequel, ce n'était tellement pas ça le plus important, mais elle en était tellement heureuse...et ça oui, la rendre heureuse, c'était le plus important. J'avais un peu l'impression d'être à la fois le papa qui sortait sa fille chérie, le vieil amant au bras de sa jeune maîtresse, le maître avec sa soumise, et tous ces rôles me convenaient parfaitement, j'étais tout avec elle, j'étais enfin moi...

I thought I was someone else
Someone good...

Et puis nous avons fait des selfies, avec la mer dans le dos et le soleil dans les yeux, comme n'importe quels touristes, pour l'éternité. Les photos ne sont pas toutes réussies mais je prends sur moi pour ne pas mettre ici celle qui me plaît tant. Pas celle ou nous tirons la langue comme deux gamins de 12 ans, nous n'avions guère plus ce jour là...Non, celle ou, pour une fois, peut être même pour la seule fois, je me trouve beau sur une photo. C'était une magicienne en fait...

Et puis nous avons marché sur le bord de mer, main dans la main, sans rien se dire ou bien n'importe quoi, en riant et en ne pensant pas au lendemain, ne jamais penser au lendemain quand on connaît la précarité du bonheur, de peur qu'il ne se sauve...